vendredi, septembre 14, 2007

Une bonne raison de ne jamais faire comptable :

Le comptable commence sa journée à 8h30 et pousse son premier soupir à 8h35. A partir de là, c'est un soupir toutes les deux minutes jusqu'à la fin de la journée qui se termine par le magistral soupir final qui succéde la mise de la sacoche sur l'épaule. Et ça, c'est pour toute une vie.

PS : Ceci aurait également pu s'appeler : "Une bonne raison de ne pas travailler à côté d'un comptable"

PS 2 : Mes excuses à mon potentiel lectorat comptable

lundi, septembre 03, 2007

Chers amis, si vous saviez comme aujourd’hui je m’en veux. Je m’en veux terriblement. Je ne comprends d’ailleurs toujours pas comment j’ai pu rater ça.

Ce n’est qu’aujourd’hui, parfaitement innocemment que j’ai réalisé.

Comme d’hab, je descends déjeuner, direction Martin Place, la rue piétonne au centre de Sydney où je vais généralement.

Déjà en m’approchant de Martin Place j’avais compris que quelque chose de spécial se passait. Il y a bien toujours eu de la musique sur Martin Place, une fille sans talent accompagnée d’un guitariste est généralement là pour nous chanter des chansons à la Seigneur Des Anneaux en espérant qu’un beau jour, quelqu’un se décidera enfin à lui acheter un album (album qu’elle a forcément autoproduit et pour lequel elle s’est donc ruiné, ce qui explique partiellement sa présence dans la rue). Mais là, la musique était différente, encore pire qu’avant. Genre les réglages complètement foirés et du coup on entendait rien. Je me suis dit que la pauvre arrivait au bout du rouleau, mais non, elle n’était pas là.

Il faut s’avoir que Martin Place dispose d’une sorte de scène qui, lorsque de jeunes australiens ne l’éclatent pas en faisant du skateboard, est louée à des entreprises afin qu’elles y fassent leur promotion (genre la dernière fois, une boîte de sous-vêtement dont la pub à la télé consiste à montrer des gens en sous-vêtements en train de faire une bataille de tartes à la crème, a organisé une bataille de tarte à la crème en sous-vêtements, voilà le genre, en gros). Donc à la place de voir la pauvre chanteuse qui me casse les oreilles depuis 4 mois, je remarque qu’un événement spécial est célébré sur la scène.

Et quel événement ! Encore une fois, si vous saviez comme je m’en veux. Normalement, je suis au taquet pour ce genre de trucs. Je ne les rate sous aucun prétexte. Et là, aujourd’hui le drame. Je n’ai pas d’appareil photo avec moi. Pas d’appareil photo pour garder un souvenir de l’Australian National Flag Day.

Comment ai-je pu zapper un tel événement ? C’était évident pourtant. A chaque fois qu’il y a une journée à la con comme ça, il y a la petite cérémonie ridicule qui va avec organisée sur Martin Place, et le fou rire est toujours garanti.

C’était grandiose. Je les savais déjà un peu chtarbé du drapeau dans ce pays, mais là c’était digne d’un spectacle américain.

5 papis étaient assis sur l’estrade, l’air grave. Je n’ai pas réussi à deviner à quoi ils servaient. Ils n’ont pas bougé. Peut être étaient-ils empaillés. Avec eux, une sorte de Castafiore complètement effrayante et chantant terriblement faux (genre comme moi – je parle pour le chant, pas pour le look) en train de chanter des chansons solennelles et sans doute très profondes sur le drapeau australien (drapeau qui n’a que 106 ans, faut pas déconner). Pour essayer de couvrir plutôt que d’accompagner la voix du monstre, un orchestre de septuagénaires et d’octogénaires, tous avec un petit drapeau avait été déployé, tous ayant sorti leur plus beau costume pour l’occasion.

Et enfin, le plus beau, le public. Au début, j’ai naïvement cru qu’il s’agissait d’une compétition du plus beau déambulateur. Mais non, les aînés de la nation s’étaient déplacés pour rendre hommage à leur drapeau qui flotte aujourd’hui en haut du Harbour Bridge. Il devait bien y avoir 20 ou 30 personnes dans le public. Mais après, il y avait tous les hommes d’affaires qui déjeunaient sur l’esplanade, comme tous les jours, donc je ne sais pas trop si je dois les compter, j’ose espérer que non. Mais bon dans le doute, j’essayais tout de même de réfréner mon sourire incrédule et ravi, l’histoire que je ne tombe pas sur un vrai patriote qui le prenne mal.

Un gars est monté sur l’estrade. Je n’ai entendu que le début du discours car il fallait que j’aille commander mes nouilles. Il voulait parler de l’histoire du drapeau. Je suis revenu pile à la fin, au moment où ils ont décidé de dresser leur drapeau sur un mat qu’ils avaient rajouté. Après une série de 3 « hip hip hip hourra ! » le drapeau a été déployé sous les applaudissements (il convient tout de même de modérer mes propos en rappelant qu’un groupe de 30 personnes âgées, ça ne fait pas beaucoup de bruit, et qu’ils n’étaient pas en train de pogoter dans la fosse). Mais mon coup de cœur revient aux deux fanatiques du dernier rang. Elles étaient sublimes. La première, à vue d’œil, 50 ans, habillée en rose et les cheveux, qu’elle avait longs, non lavés depuis au moins 1 mois, l’autre, 80 balais. La première avait deux drapeaux et ne faisait que les agiter frénétiquement. Elle était, comme tout le monde s’y attend, non accompagnée. Elle était à fond dedans, poussant un cri hystérique à chaque fois qu’une nouvelle chanson allait être jouée. L’épouvantail à la voix d’éléphant annonçait chaque morceau :

- « Maintenant référerez-vous à la page 17 de votre guide pour la journée nationale du drapeau, nous allons maintenant chanter Je fais l’amour avec mon drapeau 4 fois par jour »

- « OUUUAISSSS !!!! » se mettait à hurler l’autre en transe et en secouant ses deux drapeaux.

Pendant ce temps là, la Mamie de 80 ans était beaucoup plus régulière. Quand il n’y avait pas de chanson, elle restait debout, la tête haute, le bras dressé en exhibant fièrement son drapeau. Quand une musique démarrait, elle se mettait rotation. Elle tournait sur elle-même en hochant la tête et le point au rythme de la musique et en souriant.

Un groupe de flics a été dépêché sur place pour veiller à ce que tout se passe bien. Les pauvres n’avaient pas l’air de comprendre ce qu’il se passait. Ils avaient l’air aussi surpris que moi. Sauf que moi, ce n’est pas mon pays et donc ça me fait rire. Eux, ça avait l’air de les atterrer. L’hippopotame chantant les a d’ailleurs remerciés à la fin, un truc du genre :

- « Merci aux forces de l’ordre qui ont fait un travail formidable et qui ont veillé sur nous »

Les flics ont tous baissé la tête en essayant de se faire oublier, comme s’ils voulaient ne rien avoir à voir avec le spectacle affligeant qui venait de se dérouler sous leurs yeux impuissants. A la fin, la fan rose du dernier rang est venue les féliciter également (il faut savoir qu’ils n’ont absolument rien foutu) et elle s’est pris un méga quintuple vent. Elle n’a pas insisté.

Et voilà, je tenais à partager avec vous ma superbe pause déjeuner d’aujourd’hui. Et maintenant, je suis sûr que vous ne comprenez pas non plus comment j’ai pu zapper un pareil événement. Et bien, je vais vous donner un début de réponse, non pas que je cherche à nier la responsabilité de cette faute grave, mais juste pour que vous manifestiez un peu de compassion.

C’est tout simplement de la faute des médias qui ne savent pas hiérarchiser correctement l’information. En ce moment, ils ne parlent tous que de l’APEC, L’Asia Pacific Economic Co-operation. En gros, à partir d’aujourd’hui, tous les chefs d’Etats de la Zone Asie Pacifique se donnent rendez-vous à Sydney. Le nombre de flics dans les rues a décuplé, les hélicoptères survolent la ville en permanence. Des grillages ont été dressés au bord d’un certain nombre de rues. A partir de demain, toute personne se trouvant dans la City (le centre ville) pourra être fouillée par les flics qui se sont vus donner des pouvoirs extraordinaires. Ce week-end, l’accès à l’Opéra sera interdit. D’ailleurs, le message est clair, on nous demande de dégager ce week-end. Les gens travaillant dans la city (et donc moi, hehe) ont gagné un jour férié vendredi. Les manifestations anti-Bush s’organisent. Les gars des Falun Gong (ou Dafa), les chinois qui jouent à Jacques à Dit dans la rue (Jacques a dit : mets toi sur un pied et mets tes deux mains sur la tête) et que le gouvernement chinois revend à la découpe sont en forme. Le Président Chinois étant également de la partie, ils distribuent des tractes depuis au moins 4 mois. Ca fait en effet 4 mois que les gars ont dressé un stand sur Martin Place sur lequel ils ont placardé des affiches très appétissantes de cadavres torturés par le gouvernement chinois (du coup, je ne sais plus si je dois continuer à acheter des nouilles ou pas). Aujourd’hui, ils se sont déployés et sont partout dans la City. Je ne suis pas sûr cependant qu’ils distribuent plus de tractes, tout le monde a eu 4 mois pour les chopper, et les gens commencent à en avoir marre de les voir distribuer leurs tractes tous les jours depuis aussi longtemps.

Mais Sydney est fière, fière de sa capacité à déployer un tel système de sécurité, jamais vu dans le pays, et à les croire, dans le monde (mais bon ils ont tout de même un peu tendance à se comparer à tout et n’importe quoi). A la télé, les images "choc", montrant les forces en action, impressionnent : des images d’hélicoptères super stylées, des flics en tenue de plongée sur un zodiac sautant sur des vagues (pourtant, à l’intérieure de la baie de Sydney les vagues ne sont pas légion), et j’en passe. A côté de Circular Quay, un panneau géant, dressé juste devant la bibliothèque affiche en police 7898 le slogan : 21 world leaders, 1 great city. Vous m’excuserez, mais bon, si on commence à considérer le premier ministre de Papouasie Nouvelle-Guinée comme un world leader, on n’a pas fini avec les crises diplomatiques… (mes excuses à mon lectorat potentiel de Papouasie Nouvelle-Guinée)

Bref, c’est le gros bordel et du coup les gens en oublient l’Australian National Flag Day. Et moi le premier. J’avais bien prévu de prendre mon appareil photo, mais que demain, quand ça allait commencer à devenir funky avec l’APEC, pas un seul instant n’avais-je prévu que je manquerais ça.

jeudi, août 30, 2007

Avertissement : le texte que vous allez lire prend 8 pages sous word sans les photos (si seulement je pouvais avancer mon rapport de stage à ce rythme là). Allez, on se motive !

Nous partîmes donc pour Les Katherine George, la tête pleine d’images féeriques de la mine d’uranium et de ses véhicules consignés qui n’ont pas le droit de quitter le site car ils sont trop contaminés.

Nous ne savions pas vraiment ce que nous allions faire. Il y avait cependant une chose que nous avions en tête et que nous avions ratée au début de notre itinéraire. Il nous semblait en effet inimaginable de rentrer à Sydney sans avoir vu de crocodiles d’eau de mer. Or, comme le lecteur averti l’aura retenu : saison sèche => peu d’eau dans les billabongs => pas de crocodile dans les billabongs (les crocodiles d’eau de mer peuvent vivre en eau douce – ils sont très forts) => peu de chance d’en voir a part en allant nager dans les rivières, ce qui a priori n’est pas trop recommandé. D’ailleurs cette region doit être très frustrante à habiter : il fait toujours très chaud, mais les rivières sont infestées de crocodiles ultra dangereux (qui d’après ce que j’ai compris apprécient particulièrement les allemands – et d’ailleurs les panneaux « Warning » sont dans la plupart des cas sous-titrés « Achtung ») et d’Octobre à Mai, la mer est infestée de méduses (Le musée que j’ai visité à Darwin expliquait non sans fierté qu’une des espèces de méduses qui visitent les côtes nord australiennes pouvaient tuer un homme en moins de 2 minutes). Enfin bref, nous voulions voir des crocodiles sauvages. La seule solution qui s’offrait à nous était donc de nous farcir un tour organisé de « jumping Crocodiles ». Il ne s’agit pas là d’un croisement osé entre un kangourou et un crocodile mais simplement d’un tour en bateau sur la Adelaide River ou une nana au look très darwinien (qui se distingue tout de même assez nettement du style Channel il faut le dire) munie d’une perche, donne à manger aux crocodiles sauvages qui sautent hors de l’eau pour avoir leur petit steak. Nous avions donc décidé de faire ça avant de partir.

Nous avons donc roulé un bon bout de temps, jusqu'à la Je Ne Sais Plus Quoi River. En fait on se disait que là bas, vu qu’on croisait une rivière, on trouverait bien un truc dans le genre. Et au pire des cas, il devrait bien y avoir un truc sympa à voir. Et bien ce fut un double raté. Le truc à priori peut être sympa à voir était a 40 bornes sur une route en terre (vitesse limitée + assurance en jeu) et sinon il n’y avait qu’un pauvre camping avec absolument rien à faire. Nous n’avions pas le temps d’aller voir le truc et aucune envie de rester dormir dans cet endroit un peu glauque et nous décidâmes de poursuivre. Nous quittâmes donc Kakadu National Park, nous dirigeant du coup toujours plus au sud.

La route était droite. Et par droite, j’entends vraiment droite, genre si toutes les routes étaient comme ça, les voitures n’auraient pas besoin de volant. On était en fait sur la fin de la route qui relie Alice Springs (Le truc au plein milieu de l’Australie pas loin duquel se situe le cailloux) à Darwin. Petite route droite de 2100 km. Le moins que l’on puisse dire c’est que nous n’étions pas pris dans les embouteillages. Les seuls véhicules que l’on pouvait croiser étaient ce qu’ils appellent des « road trains » : des trucs énormes, genre un camion citerne, mais avec 4 citernes aux fesses. Ou qui transportent du bétail, mais le troupeau entier. Ces camions doivent alimenter Darwin en vivres et essence. Ils viennent, au plus près d’Alice Springs, mais vu qu’il n’y a rien à Alice Springs, ils doivent venir de plus loin (ceci était une démonstration de logique australienne : « Naaaaah ! Nothin’ ther’ but fuckin’ roos. Probably from somewher’els’. » - et dans la série le mot du jour, a roo = un kangourou). Bon le bon truc, c’est comme les routes sont d’une droiture digne d’un esprit allemand, la visibilité est bonne et même si doubler prend 15 minutes, ça se fait facilement.

Partis comme nous étions, nous avons finalement décidé de ne pas nous arrêter et d’aller straight to Katherin Gorges. Nous avons donc posé un dictionnaire sur l’accélérateur, règler un réveil pour une heure et demie plus tard et nous sommes endormis dans la voiture. A notre réveil, il faisait nuit et nous nous étions bien approchés de notre cible. Nous étions tout de même vigilants car étant donnée la taille des villes dans cette région, nous ne voulions pas rater Katherine et partir sur la route d’Alice Springs (parce que les australiens n’aiment pas trop les panneaux d’indication, donc ils vont en mettre un, de préférence derrière un arbre, et puis si on le rate, tant pis, y’a même pas moyen de le savoir). A notre immense surprise, Katherine était loin d’être un bled paumé. Déjà, il y avait des lampadaires. Mais ce n’est pas tout ! Il y avait un pub, un supermarché, une station essence, un loueur de DVD, et j’en passe. Bref, presque une mégalopole. C’était donc le moment de sortir le Lonely Planet pour trouver le camping de nos rêves. Nous en avons alors repéré un sympa, qui se trouvait pile à l’entrée des gorges. Nous avons ainsi rassemblé notre courage, remis la Hyundai Getz jaune en route et sommes repartis pour 30 bornes supplémentaires (c’est là d’ailleurs où on a failli se faire un kangourou).

Nous avons fini par arriver a destination, après une après midi complète de route. Nous sommes arrivés après la fermeture de la réception du camping. Un petit papier nous invitait tout de même à nous installer en nous disant que de toute façon, quelqu’un allait nous réveiller très tôt le lendemain pour que nous puissions nous acquitter de notre dette en pyjama.

Nous avons donc fait une entrée magistrale dans le camping : warning, appels de phares et coups de klaxon. Quand tout a coup, juste devant nous, à même pas 7 mètres sur le côté, se trouvait un kangourou vivant ! Quentin a stoppé net la voiture, moi j’ai plongé dans le bordel régnant à l’arrière de la voiture pour en extraire mon appareil photo. Et c’était parti, on a mitraillé. Quentin s’approchait de plus en plus, et nous étions hallucinés que le kangourou ne s’enfuie pas (les kangourous filmés dans le précèdent post étaient bien plus trouillards). Plus étonnant encore, certaines personnes qui étaient également proches de l’animal, n’avaient pas l’air de réagir et avaient plutôt l’air de nous regarder nous que le kangourou. En fait, il y avait une raison très simple à tout cela et nous ne l’avons réalisé qu’une fois installés : le camping était tout simplement infesté de kangourous (wallabies pour être précis) qui s’étaient visiblement habitués à la présence humaine. C’était donc assez marrant comme endroit, où que l’on allait, ils étaient là, certains bien plus peureux que d’autres. Vînt alors l’heure du dîner. Nous avions prévu le grand jeu ce soir la : ratatouille + riz + steaks. Nous avions fait trop de riz et de légumes et nous passâmes donc à l’apéro (post-dîner, normal) en laissant de côté quelques casseroles pas tout à fait vides.

Notre première prise


Le kangourou et la casserole de riz (et moi accessoirement).

Au fur et à mesure que le temps passait, nous pouvions sentir que les kangourous se faisaient de plus en plus nombreux autour de nous. L’idée naturelle vînt donc d’essayer de leur faire manger nos restes. Comme ils n’osaient pas trop s’approcher car Quentin leur faisait peur, nous plaçâmes une casserole contenant du riz et des légumes (courgettes et aubergines) plus loin. Quelques minutes plus tard, un kangourou avait la tête dedans et visiblement se régalait puisqu’il était difficile d’attirer son attention. Ceci a visiblement intrigué ses kangourous’ friends, qui se sont approchés à leur tour. La scène était donc amusante. Puis un plus gros kangourou est arrivé et a réalisé ce qu’il se passait. Il s’est alors rué sur le kangourou qui mangeait et lui a foutu une grosse tarte en poussant des grognements de kangourou. L’autre n’a pas cherché à comprendre, s’est écarté tout penaud et a laissé le plus fort bouffer. Nous étions bien sûr complètement mdr lol lol ptdr. Le premier kangourou était visiblement devenu complètement accroc au riz. Il lui en fallait plus. Il a donc pris son courage de kangourou à deux pattes de kangourou et s’est approché de notre équipement de cuisine, jusqu'à la casserole qui contenait un bon reste de riz. Il a enfoui sa tête dedans et a commencé à tout dévorer. Nous avions donc un kangourou à 30 cm de nous, la tête plongée dans une casserole de riz en train de faire plein de bruits chelous tellement il s’empiffrait. Il était vraiment devenu obsédé par le riz. Au début, quand on essayait de le toucher, il se redressait immédiatement, prêt à s’enfuir, puis l’appel du riz étant bien sur plus fort que tout, il replongeait illico. A la fin, on pouvait carrément lui gratter le dos, il ne pensait plus qu’au riz, le reste il ne le voyait et ne le sentait plus. Nous étions complètement passionnés par la scène, cherchant à inventer des trucs toujours plus bêtes a faire : lui mettre du riz sur la tête, le faire manger à la cuiller, etc. Nous n’avions pas réalisé que le kangourou hargneux avait de son côté fini sa portion et étant donnée notre proximité avec son rival, il ne pouvait pas se permettre de venir l’éclater une seconde fois. Le problème, c’est qu’il avait encore faim. C’est ainsi que nous entendîmes tout à coup un vacarme venir du coffre de la Hyundai Getz que nous avions laissé ouvert. Nous laissâmes donc notre kangourou la tête dans sa casserole et allâmes voir ce qu’il se tramait dans le coffre. Le kangourou hargneux était rentré dedans et nous avait piqué notre pain de mie. Quentin a essayé de le récupérer, mais le kangourou ne voulait pas lâcher. Les deux, tiraient chacun de leur côté afin d’arracher à l’autre le pain de mie, le kangourou n’arrêtant pas de grogner. Heureusement pour son égo, c’est Quentin qui a gagné (au prix tout de même d’un trou dans la manche car l’autre petit enfoiré s’y était agrippé et ne voulait pas lâcher), et nous savions désormais que les kangourous aimaient le pain de mie. Et le pain de mie, c’est beaucoup plus pratique qu’une casserole de riz pour nourrir une horde de kangourous. Nous avions plus d’une dizaine d’entre eux autour de nous et c’était donc le moment d’essayer de leur faire faire des acrobaties : les faire tourner sur eux même, les faire se dresser complètement sur leurs pattes arrières. Mais le plus drôle était sans nul doute d’envoyer du pain à un plus petit kangourou afin qu’un plus gros vienne le schlaguer. Mais là ou les kangourous nous ont déçus, c’est qu’ils n’ont aucun odorat. Ils peuvent avoir de la bouffe à 1 mètre du museau, ils réussissent souvent à la rater. Beaucoup de munitions ont ainsi été gâchées et l’effet sur le petit déjeuner du lendemain s’est fortement fait ressentir. Nous avons dû jouer ainsi avec les kangourous pendant une bonne heure, exaspérant sans doute nos voisins de camping qui essayaient de dormir et qui devaient être dérangés par les grognements et les batailles de kangourous (et nos rires bêtes). Une fois toutes nos vivres épuisées, nous nous sommes résignés et sommes partis nous coucher.

Tentative d'éducation de l'animal aux bonnes manières


Séance dressage

Le lendemain matin, un sympathique membre du staff nous a tiré de notre sommeil à 8h15:

- «Good morning! What a lovely day today!»

- « Connard »

Nous avons donc payé notre emplacement de camping et nous sommes préparés pour notre journée dans les gorges. Nous nous attendions à ce que plusieurs cadavres de kangourous entourent notre tente vu qu’ils s’étaient gavés de riz, de légumes à l’huile d’olive et de pain de mie, qui à priori, ne constituent pas leur nourriture habituelle – mais non, zéro mort, ou alors, peut être que pendant la nuit, le staff du camping retire les corps pour ne pas effrayer les clients. Le plan de la journée était de louer un canoë pour deux jours, de mettre le matos de camping dedans, de ramer toute la journée et de camper dans le parc national.

- « Bonjour, nous voudrions louer un canoë pour deux jours s’il vous plait ! »

- « C’est complet »

Ceci nous rappela désagréablement nos tentatives de locations de tours organisés pour les chutes d’eau à Kakadu. Il nous fallait donc trouver un plan B. Nous sommes allés sur la terrasse de l’office du tourisme pour y réfléchir et avons rejoint un groupe de touristes américains du troisième âge, tous identifiables grâce à un badge à leur nom. Nous commençâmes donc à débattre des options qui n’étaient finalement pas bien nombreuses : faire une randonnée, le tour en hélicoptère était fortement tentant mais hors budget.

A cote de nous, nos ainés nous dégoûtaient :

- « Qui veut faire un tour en hélico ? » demanda la guide over-enthousiaste

- « Oh, non, ça ne me dit rien, tu en penses quoi toi Beth ?» demanda le bon vieux Jack à son épouse

- « Bof, ça ne me dit rien. Est-ce que Martha y va ? » Demanda t-elle à la guide qui disposait d’un petit calepin sur lequel elle notait très soigneusement le nom des personnes séniles qu’elle avait arnaquées depuis très tôt le matin.

- « Ah oui, Martha y va »

- « Ah bah alors on y va ! Si Martha y va, on le fait aussi »

- « Très bien, quel vol ? 8 min, 12 min ou 20 min ?» demanda la guide qui se disait que décidément faire marcher les bonnes vielles querelles entre personnes âgées, ça marche toujours.

- « Le plus long, on fait le plus long ! »

Et voila, Mamie, et surtout Papi qui avait de la peine à marcher, allaient se faire un tour en hélico pendant 20 minutes, et nous, nous étions la, sans canoë, avec un jus d’orange dégueulasse en train de nous demander quelle randonnée au royaume des mouches était la meilleure. Nous allâmes donc voir la Ranger, et ce qu’elle nous expliqua ne nous enchanta guerre. Le truc à faire, c’était bien le canoë, les randonnées faisables en une journée ne sont pas des plus palpitantes. Je demandai néanmoins s’il n’y en avait pas une avec des chutes d’eau. Puisque nous avions raté celles de Kakadu, ça aurait pu être pas mal d’en voir ici. Il y en avait effectivement, mais pas au niveau des gorges, il fallait reprendre le volant et refaire une heure de route en revenant sur nos pas. C’est donc ce que nous fîmes, après avoir tout de même réservé un canoë pour le lendemain.

Les Edith Falls

Nous arrivâmes aux Edith Falls en début d’après midi. Le grand avantage de l’endroit c’est qu’il y a deux grands « trous d’eau » dans lesquels on peut se baigner. Et qui dit dans l’eau, dit moins chaud et pas de mouches. Nous passâmes donc une charmante après midi dans un lieu super joli à barboter dans l’eau. Bien sûr des panneaux indiquaient la présence de crocodiles, mais il s’agissait de crocodiles d’eau douce, beaucoup moins gros que leurs cousins salés. Ces crocodiles ne sont pas considérés comme dangereux, il est seulement conseillé de ne pas aller les chatouiller sous le ventre parce qu’il parait que là, ça les rend un peu agressifs et ce n’est plus très safe (can cause severe injury or death). Et puis, c’était la période de ponte pour les demoiselles crocodiles et donc il fallait se tenir à l’écart des sortes de mini-plages ou elles enterrent leurs œufs. La journée fut donc très rafraîchissante et réjouissante et nous n’avons même pas croisé un seul reptile, donc pas de tentation d’aller les caresser comme avec les kangourous de la veille.

La upper-fall, où on peut nager

Du coup, je nage

Nous sommes rentrés au camping en fin d’après midi. Il nous restait juste assez de temps avant le coucher du soleil pour aller faire une petite marche et observer les gorges depuis le haut de la falaise. Quentin, on ne saura jamais pourquoi, a préféré rester au camping et je suis donc parti, accompagné de mes 15 mouches les plus fidèles. La balade fut d’ailleurs sans grand intérêt à part effectivement la vue sur les gorges mais qui ne représente qu’1% de tout le truc (En plus un groupe de touristes français, style les bronzés sont arrivés, ça m’a donné envie de partir).

Ca, je ne sais plus trop où c'est mais bon d'après l'ordre chronologique de mes photos ça devrait être dans le coin.

L'entrée dans les Gorges (en fait les gorges sont derrière moi)

Ce fut ensuite une nouvelle soirée a déconner encore un peu avec les kangourous et à être atterrés par leur stupidité.

Nous n’avions pas payé le camping non plus la veille. Notre canoë devait être prêt a 8h et donc nous espérions pouvoir quitter les lieux avant que notre reveil-matin payant de la veille vienne nous extorquer de l’argent encore une fois. Raté, il nous a eu avant qu’on parte.

La journée en canoë commença donc sous un ciel magnifique, comme c’est toujours le cas pendant la saison sèche dans cette région (par contre, pendant la saison humide, ils prennent très cher). Bon il faut tout de même savoir que le canoë, c’est terriblement chiant, à part pour les gens qui aiment bien ramer. Quentin voulait faire des pauses et des siestes toutes les 5 minutes. Nous en avons d’ailleurs fait beaucoup, au point que les gens qui avaient loué le canoë pour une demie journée avaient vu autant de choses que nous en une journée (et puis bon en même temps, le reste du parcours consistait a remonter des rapides a pied en portant le canoë, rien de très excitant, surtout qu’après, on n’avait pas le droit de les descendre).

On a vraiment toujours la classe en canoë, y'a pas à dire.

Nous avons donc passé une journée cool. Le cadre était magnifique et la plupart du temps, nous avions vraiment l’impression d’y être seuls. Du coup, c’était assez agaçant de voir et d’entendre des hélicos toutes les 15 minutes survoler les gorges. Nous avons également revus Peter et Beth qui nous ont rattrapé à bord bateau à moteur 50 places qui transportait tout le groupe. Les bateaux nous ont bien gavés également, remplis essentiellement de personnes d’un certain âge qui n’arrêtaient pas de nous faire coucou de la main et de nous prendre en photo. Je ne sais pas s’ils nous ont pris pour des aborigènes partis pêcher en canoë, mais bon, le spectacle avait l’air de les ravir.


L’événement phare de notre journée fut sans conteste la vision de notre premier crocodile. C’était un crocodile d’eau douce (ici il ne fallait pas s’attendre à autre chose) qui se la coulait douce (et hop, un jeu de mot redoutable) à l’ombre de quelques branches. Après une série de manœuvres plus ou moins bien assurées, nous nous en sommes approchés pour la traditionnelle série de photos. Je pense qu’on a été un peu trop près, ce n’est pas très simple à gérer en canoë (sachant que par exemple, quand Quentin se mettait à ramer, peu importe la situation, on tournait automatiquement à gauche – du coup, pour le bien de notre expédition, il me laissait ramer seul), mais bon heureusement, le crocodile était plutôt zen et ne s’est pas senti offensé (ou alors il était mort). Nous avons également nagé dans les gorges plusieurs fois. La température de l’eau était idéale, et puis c’était classe de se dire qu’il y avait des crocodiles (les autres fois nous avions juste vu les panneaux).

En fait il n'était pas mort, j'ai une photo où il a les yeux ouverts:

Nous sommes ensuite repartis à notre camping à kangourous que nous n’avions toujours pas quitté. Le plan pour le lendemain était ambitieux puisqu’il fallait être de retour sur Darwin afin que Quentin ne rate pas son vol (moi je ne partais que le surlendemain). En même temps, nous devions encore voir nos jumping crocodiles et Quentin souhaitait également avoir le temps de visiter le musée d’art aborigène de Darwin. Nous avions repèré un truc de jumping crocodiles mais il nous fallait revenir au début de notre parcours, juste avant de rentrer dans Kakadu. Nous visions le bateau de 11 heures. Résultat, il nous fallait partir avant 8h du matin. Notre dernière soirée en camping fut donc brève, le temps de dire au revoir à nos amis marsupiaux en partageant nos spaghettis avec eux.

Nous étions au taquet le lendemain matin, mais encore une fois, le relou du camping (toujours de si insupportable bonne humeur dès le matin) nous a choppé avant qu’on ne parte (too easy !). Après un bref arrêt à Katherine pour faire des courses et refaire le plein d’essence, nous partions, direction plein nord. Et on a roulé, et roulé, et roulé. Plus le temps passait, plus notre objectif des 11h paraissait improbable. Nous sommes en fait arrivés à 11h30. Nous avions donc une heure et demie à poireauter avant le prochain départ.

On était tombés dans un vrai truc à touristes. Nous sommes montés sur le bateau, avons bousculé tous les gamins pour nous chopper les meilleures places, et nous étions en route. Les gens devenaient complètement dingues à chaque fois qu’ils voyaient un morceau de bois flotter et se mettaient à prendre des photos frénétiquement, pensant voir des crocodiles partout. Seul un petit groupe d’australiens restait indifférent, ils avaient trouvé le bar sur le bateau et s’enchaînaient les bières (faut dire qu’ils avaient vraiment le look type de la caricature d’australien de la région – et qu’ils avaient commencé la picole avant d’embarquer).

On nous a alors expliqué que les crocodiles fonctionnaient par territoires. En fait c’est plutôt des harems. Chaque territoire possède, de mémoire, 85% de femelles. Et il y a un mâle dominant. Les femelles sont assez impressionnantes, mais rien a voir avec le mâle. En fait les crocodiles se sont habitués au bateau et savent qu’ils auront à bouffer si ils se manifestent. La « voix off » (le pilote du bateau) se comparait à un marchand de glace, qui passe avec sa camionnette et tous les gamins courent derrière. Ils nous assuraient également que ces animaux restaient parfaitement sauvages, et que de toute façon, ce n’était pas en leur filant un steak ridicule par jour que ça allait suffire à les nourrir. Ils étaient également sous contrôle des autorités qui s’assuraient qu’ils n’interfèraient pas avec le monde sauvage. On a donc eu le droit à une petite leçon sur les crocodiles, ce qu’ils mangent, comment ils chassent, le fait qu’ils soient aussi crocodilovores (si un crocodile d’un autre territoire s’aventure chez eux, il est mangé) et le fait qu’ils soient plus intelligents que des chiens (ça j’aurais bien aimé savoir comment ils l’ont mesuré) et qu’ils utilisent un plus gros pourcentage de leur cerveau que nous.

Le mâle dominant de 5 a 6 mètres de long

Enfin bref, toujours est-il que nous paradions ainsi, descendant la rivière, et tous les deux cent mètres, un crocodile se pointait. Là une nana, au look très « outback » accrochait un morceau de carcasse de je ne sais quoi à un fil et le pendait au dessus du crocodile. Bon au début on voyait bien que ça le saoulait un peu le crocodile de sauter hors de l’eau, mais il n’avait pas le choix, alors bon, il y allait. La Croco Lady parlait volontiers avec les gens de sa passion pour les crocodiles mais restait très vigilante sur le comportement du crocodile à qui elle filait à bouffer, car expliquait-elle, si le crocodile arrivait à chopper sa perche, il allait partir dans un délire de « death row » (quand ils se mettent a tourbillonner sous l’eau) et elle allait donc perdre sa perche et cette perspective avait l’air de beaucoup la tracasser. Je ne sais pas trop si la perte de perches était déduite de son salaire. Ainsi, quand une grosse touriste s’est mise derrière elle :

- « Je ne veux personne derrière moi, je ne veux pas être gênée dans mes mouvements si le crocodile fait un truc inattendu »

- « Oh ça va ! »

- « On va voir si ça ira quand tu te seras pris un coup de perche dans le bide !»

Et la touriste s’est décalée.


Les femelles sont nettement plus mignonnes

On a aussi vu le mâle dominant, qu’ils avaient nommé je ne sais plus comment. Alors là c’était clairement le genre de trucs où on ne doit pas trop faire le malin quand on en croise un en nageant la brasse. Il faisait entre 5 et 6 mètres de long. Plus gros que Sweetheart, un crocodile énorme, désormais empaillé au musée de Darwin, qui avait défailli la chronique une vingtaine d’années auparavant car il tuait trop de gens. On a donc donné un peu de bidoche au crocodile. Le claquement des mâchoires était assez hallucinant à entendre.


Et voila ! Nous avions vu nos crocodiles. Nous pouvions rentrer sur Darwin le cœur léger.

Rentrés sur Darwin, nous avons filé à l’auberge de jeunesse dans laquelle j’avais réservé une nuit, avons deposé nos affaires et sommes allés faire le plein de la bagnole avant d’aller la rendre. L’agence de location était fermée, mais j’avais reçu un message vocal me disant de laisser les clés a l’hôtel d’a côté. L’avion de Quentin était à 2 heures du matin. Nous avons donc eu le temps d’aller voir un marché qui a lieu à la tombée de la nuit, à côté d’une des plages de Darwin, l’occasion de voir un coucher de soleil sur la mer (parce que sinon, sur la côte est, on ne peut voir que des levers de soleil). Le marché était drôle. On y vendait des saucisses de possum, des décapsuleurs montés sur des scrotums de kangourous, des porte-monnaie en grenouilles séchées. Il y avait également un super groupe avec un gars qui jouait sur 4 Didgeridoos en même temps et accompagné d’une batterie. Nous avons donc dîné là bas et y avons passé une ou deux heures. Nous sommes ensuite rentrés dans le centre ville afin de boire quelques bières avant que Quentin ne s’envole pour Melbourne.


J’ai donc passé ma dernière journée désespérément seul. Je suis retourné à l’agence de location de la voiture pour m’assurer qu’ils l’avaient bien réceptionnée. Nous avions roulé 521 km de plus des 900 autorisés et devions également payer 25$ de frais de nettoyage (La Hyundai Getz n’était plus jaune mais rouge quand on l’a rendue). Au total, nous en avions pour 203 $ de frais de location de voiture supplémentaires.

Je me suis ensuite fait le musée de Darwin, dans lequel j’ai bien dû passer 3 heures (pour une fois que je trouve un musée intéressant dans ce pays…). Puis, je suis allé chercher mes affaires de plage, j’ai acheté des cartes postales et ai passé le reste de l’après midi sur la plage. J’ai un peu hésité à me baigner. Même si ce n’était pas la saison des méduses, des panneaux indiquaient qu’il fallait toujours venir sur la plage avec du vinaigre car, malgré tout, des méduses sont vues chaque mois de l’année. La présence d’un sauveteur en mer me rassura et je partis donc me baigner dans la mer du Timor, qui, cela dit au passage est excellente. Je me suis refarci un coucher de soleil et suis rentré. Ne pouvant pas prendre de douche, j’ai plongé dans la piscine de l’auberge de jeunesse pour me dessaler et dessabler (il faisait nuit et personne ne m’a cramé). Ma navette pour l’aéroport était à 23h, et j’étais comme un c… à 19h30, ne sachant absolument pas que faire. J’ai donc opté pour la solution autiste : aller dîner et aller voir les Simpson au ciné. C’était sans doute le meilleur truc à faire, le temps est ainsi passé beaucoup plus vite. J’ai dormi pendant tout le vol. J’étais assis à côté d’une mamie obèse qui débordait sur mon siège et qui a appelé le stewart pour me réveiller parce qu’elle n’osait pas le faire et qu’elle voulait se lever. Elle avait passé l’ensemble du vol a parler et à faire copine-copine avec sa voisine de droite, et bien sur, c’est moi qu’elle a décidé de réveiller. J’ai hésite à lui faire un croche patte, mais bon, je me suis dit qu’elle avait une canne et que ça n’aurait pas été très charitable de ma part (manquerait plus qu’elle tombe sur un gamin et que je sois accusé d’homicide).

L’arrivée à Sydney à 6 heures du matin fut violente. Différence de température de 22 degrés, ça fait mal. Génie que je suis, j’avais oublié de sortir un pull de mon sac avant de l’enregistrer. J’ai donc débarqué à Sydney en T-shirt. La température extérieure était de 7 degrés. Pour une fois je suis tombé sur un chauffeur de taxi qui ne m’a ni insulté, ni fait faire 4 fois le tour de la ville avant de me déposer et je suis rentré chez moi, content d’avoir dit à ma boîte que je ne rentrerai que le lendemain et de pouvoir aller me coucher encore un peu (ah, mon salaire, si j’avais su). Nous étions Mardi, il me restait donc 3 jours de boulot avant le week end suivant. Sandra, ma colloc de Brisbane du semestre dernier était de passage à Sydney et nous devions partir pour une petite dégustation de vin pendant le week end à la Hunter Valley, à 2-3 heures au nord de Sydney.

Done !

mardi, août 28, 2007

Au moins, je ne devrais pas me sentir dépaysé lors de mon retour en France… C'est diffusé en Australie et en Nouvelle-Zélande.






La même avec une fin différente. Les 20 premières secondes peuvent être ignorées

mercredi, août 22, 2007

Prenons notre courage à deux mains et essayons donc de nous plonger dans la rédaction de ces dernières vacances (vous c'est le courage de se plonger dans la lecture, chacun sa croix). Si tout se passe bien, ca devrait être torché en 2 parties.


Je suis donc parti avec Quentin, l'autre stagiaire français de ma boîte dans le Top End, région appelée ainsi car elle se situe tout au nord de l'Australie. Pour prolonger quelque peu cette partie "géographique" dont tout le monde se fout mais sans qui ce blog ne pourrait plus être qualifé de culturel, il conviendrait de rajouter que le Top End se situe dans l'Etat du Nothern Territory. Il est tout a fait possible de discuter la pertinence d'une telle appellation étant donné que cet Etat se prolonge jusqu'au centre du pays (là où y'a le gros cailloux), mais bon s'embarquer dans un débat si épineux avec des novices de l'Australie comme vous ne serait pas une sage décision.

Donc graphiquement, le Top End c'est en haut de la partie rose

Le Nothern Territory s'étale sur 1 346 000 km² et possède le nombre étourdissant de 192 898 habitants, soit 1% de la population australienne. Par contre, 29% de la population aborigène y vit et d'ailleurs la deuxième langue la plus parlée après l’anglais est le Djambarrpuyngu (le fameux) suivi par l’Arrernte, le Grec ( ? ), le Kriol et le Warlpiri. Dès qu'il y a du soleil, ceux-là, on ne peut plus les arrêter. Ca fait quand même 40 000 ans qu'ils squattent là. Mais la vraie statistique à retenir et qui, je le sais, passionnera une grande partie de mon (immense) lectorat, c'est que cet endroit a l'un des plus hauts taux de consommation d'alcool au monde avec un très joli et respectable 1120 verres par an et par personne (ha la la, ces aborigènes, incorrigibles...).

Un petit zoom pour voir où se situent les 3 regions qu'on a fait : Darwin, Kakadu et Katherine.

Passons maintenant à la partie épique de notre récit. Nous sommes partis un lundi, après un bon week end de repos. Les dates ont été dictées par les prix des billets d'avion. J'étais d'ailleurs content, mon patron ayant tardé à me donner son accord, les billets qu'on visait ont été vendus et j’ai donc réussi à obtenir quelques jours supplémentaires pour retomber sur des prix raisonnables. Ce que je ne savais pas, individu naïf que je suis, c'est que mes vacances n'allaient pas m'être payées...

Après 4h de vol au lieu de 4h45 car, comme l'a si bien dit le pilote, le vent nous était favorable, nous avons donc atteint Darwin, capitale du Nothern Territory visitable en 3 heures. Nous n'avions pas vraiment de plan. Nous avions juste réservé une voiture que nous devions récupérer le lendemain et une première nuit dans une auberge de jeunesse très crade. Tout s'est donc décidé très vite le lendemain matin, après que nous ayons récupéré notre splendide Hyundai Getz jaune (la dame de l'agence nous a dit que comme ça, on ne la perdra pas). Vu que nous étions censés partir pour les parcs nationaux, nous nous sommes dit que le camping ne serait pas forcément une mauvaise idée. Le problème, c'était que nous n'avions aucun matériel. Heureusement, nous avons trouvé cet australien qui tenait cette petite boutique de location à la carte de matos de camping et qui nous a bien sauvé la mise. Après une série de :
- "Alors, on a besoin d'une tente"
- "Too easy !"
- "on a besoin de sacs de couchages"
- "Too easy !"
- "on a besoin d'un réchaud"
- "Too easy !"
etc...
nous étions partis pour les contrées paumées et déconnectées de ce pays paumé et déconnecté. Mais nous ne sommes pas partis sans précautions. En effet, notre ami fournisseur de matériel de camping nous avait prévenu :

-"Surtout, n'oubliez pas d'acheter les bières !"
-"C'est bon on fera ça sur place "
- "Mais vous êtes fous ??, on ne peut pas acheter d'alcool là bas ! Et y'a même pas de pub !! Vous imaginez ?? Pas de pub ! Ah non non, il faut que vous achetiez l'alcool avant de partir, sinon vous êtes foutus. Vous n'imaginez pas le nombre de personnes qui se font avoir quand elles decouvrent l'absence complète d'alcool"

Sa mine horrifée d'Australien typique qui nous implorait de prévoir notre alcool avant de partir pour kakadu, comme on implorerait un inconscient de prendre de l'eau avant une traversée du Sahara avait suffit à nous convaincre et un nouveau stop s'imposait. Il nous avait aussi fortement conseillé le spray anti-moustiques.

Ces derniers préparatifs effectués, nous étions enfin en route pour le Kakadu National Park (toute personne à qui une blague foireuse est passée par la tête en lisant le nom du lieu devrait grandir un peu).


Nos premiers instants avec notre Hyundai Getz

3 heures de route. Et genre des routes toutes droites sur des kilomètres. C'est tellement plat et y'a tellement pas grand chose qu'ils ne se sont pas vraiment pris la tête pour les construire.

C'est donc bien droit

Nous avons fait une halte en route, pour voir les fameuses termitières. Des trucs énormes qui peuvent mesurer 4 à 5 mètres de haut et qui, je n’ai pas trop compris comment, sont censés pointer vers le nord pour des raisons de température intérieure mais bon, pour moi, elle avait plutôt l’air de pointer vers le ciel. Nous flânions donc, rêveurs, entre les termitières lorsque, tout a coup, un bruit dans les broussailles fit bondir Quentin, qui ne put en même temps s'empêcher de lâcher un petit cri appeuré. Il s’agissait tout simplement de notre premier kangourou sauvage ! Et oui, après un an en Australie et en ayant tout de même pas trop mal voyagé dans ce pays, j’ai enfin vu mon premier kangourou autre part que dans un zoo. Je n’ai pas eu le temps de dégainer mon appareil photo pour immortaliser cet événement historique car il faut avouer que ça court vite ces bestioles. Plus tard, nous apprendrons d’ailleurs qu’en plus, ça n’a aucun odorat et que c’est franchement con.

Ca calme quand meme de se dire que ces petites saloperies construisent des trucs pareil

Arrivés dans le parc, nous avons repéré une petite route en terre sur le côté et nous nous sommes dit que ça serait une merveilleuse idée que de la prendre vu que le contrat spécifiait clairement qu'il était interdit de conduire sur des routes non goudronnées. En fait le seul problème, c'était que les vilains 4x4 qui étaient passés par là avant avaient fait des marques dans la terre, plein de petites bosses. Du coup, on avait un peu l'impression d'être dans un vibromasseur. Bien que ça mettait Quentin dans des états d'excitation pas possibles, nous nous sommes dit que ce n'était pas une très bonne idée pour les suspensions du bolide et nous avons rebroussé chemin.

No comment. Juste pour le style.

Il nous fallait par conséquent trouver une nouvelle occupation pour l’après midi. Il y avait sur le chemin une petite balade à faire au bord d’un billabong (nom qualifiant une petite étendue d'eau). Apparemment c’est un endroit vachement bien pour observer les oiseaux. Bon le truc, c’est qu'on s’en foutait un peu des oiseaux, mais bon, il fallait bien rentabiliser notre journée. Nous avons donc regardé les oiseaux pendant 15 minutes avant de nous lancer dans la petite balade qu’il y avait également à faire. Notre grand problème c’était que nous étions en pleine saison sèche. Alors c’est très bien niveau climat, paysages et tout et tout, mais le truc embêtant c’est que les crocodiles d’eau de mer (les plus dangereux, le genre de machin qui, quand ça commence à te gnacker, y’a assez peu de chance de s’en sortir) ne sont plus dans les billabongs parce qu’il n’y a plus assez d’eau. Bref, en d’autres termes, il n’y a vraiment que des oiseaux. Nous avons tout de même effectué notre marche, quand, Ô surprise, nous aperçûmes au loin un groupe de quelques kangourous en train de se délecter de quelques succulentes pousses d'herbes cramées par le soleil. Pour vous, nous avons donc préparé un plan diabolique afin de les faire fuir et de les filmer en même temps (bon alors, c'est des petits).



Nous avions donc vu, dès notre premier jour 4 kangourous et avons estimé que notre journée avait été suffisamment remplie et que nous pouvions nous diriger vers le camping. Nous sommes arrivés sur Jabiru, village le plus important de Kakadu (qui possède un commissariat, une bibliothèque et même un petit tribunal). En fait on avait prévu de n'y arriver que le lendemain. Nous avions donc pris une sacrée avance sur notre planning.

L'objectif du lendemain était alors de se rendre à Oenpelli, un village aborigène pour lequel il faut un permis afin de pouvoir y aller. Nous avions envoyé la demande pour le permis 2 semaines plus tôt, mais pas pour la bonne date, et il nous fallait donc essayer de la changer. A notre grande surprise, ceci se fit sans aucun problème. A partir du moment où ils ramassaient leur argent (et oui le permit est payant), ils s'en fichaient. Autre problème, la route était en terre sur 15 km. Nous étions donc tiraillés entre d'un côté notre contrat de location, et de l'autre les panneaux disant qu'un 4x4 n'était pas nécessaire pour se rendre là bas. Assoiffés d'aventure, nous avons donc choisi d'y aller. Autre charmante petite particularité, avant que la route ne soit plus goudronnée, il y a un petit cours d'eau à traverser : la Alligator River (ces imbéciles d'européens, quand ils sont arrivés, ont cru que c'était des alligators alors que ce sont des crocos - pfff...). Et puis on ne peut pas le traverser tout le temps puisque son niveau dépend de la marée. Là aussi, beaucoup d'hésitation, et puis, après avoir observé de nombreuses autres voitures passer (et il faut l'avouer, surtout des 4x4), nous avons décidé de nous jeter à l'eau (pardonnez ce mauvais jeu de mot). La encore, petite vidéo sans intérêt majeur…

La route pour Oenpelli

C'est donc passé sans aucun problème et nous étions sur la route pour Oenpelli. La route était vraiment superbe. De la belle terre rouge comme sur les photos et un superbe paysage pour aller avec. Et puis en plus elle était largement praticable. Nous sommes donc arrivés facilement dans le village. Seulement, notre permis précisait qu'il était absolument interdit de s'y arrêter, sauf à l'Art Center... En effet, le seul endroit où il était possible de faire halte était un endroit pour touristes, une boutique d'art aborigène. La raison invoquée, et qui est compréhensible, est de protéger les villages aborigènes des ravages du tourisme. Ce que l'on comprend moins bien du coup, c'est comment ils justifient le permis. On tombe dans un système, qui finalement est assez fréquent dans ce pays, qui est de payer afin de pouvoir acheter : on doit payer pour avoir le droit d'aller dans une boutique. Mais bon, il faut admettre que contrairement à ce que l'on peut voir dans la majorité des boutiques souvenirs en Australie, ces peintures aborigènes étaient de bien meilleure qualité et vraiment authentiques. Du coup, on a effectivement repayé après avoir payé... Il faut dire que nous avions du temps. La marée étant remontée, nous avions 2 heures à tuer avant de pouvoir retraverser la rivière.

On n'avait pas la classe franchement ?

D'ailleurs, grâce à la Hyundai Getz, Quentin a réussi à séduire une petite australienne qu'il va ramener en France.

Ca on pouvait juste le voir, pas le droit d'y aller sinon on était hors la loi. Terre aborigène. ils ne se font pas chier quand même dans les endroits qu'ils choisissent. Ah bah c'est sûr qu'ils ne sont pas allés s'installer en Roumanie (mes excuses à mon potentiel lectorat roumain).

Nous sommes ensuite allés à Ubirr. Un endroit plein de rochers avec des peintures datant de plusieurs dizaines de milliers d'années et une superbe vue sur le parc. Nous nous y sommes donc baladés une bonne heure et avons ensuite repris la voiture pour Nourlangie, autre site connu pour ses peintures mais dont nous nous souviendrons surtout pour ses mouches insupportables qui agressent les touristes en permanence et leur fait écourter leurs visites, ceux-ci ne rêvant plus que de courrir se réfugier dans leur bagnole à l'abris de ces insectes détestables.


Ouais bah un rocher quoi...

Un rocher + de l'eau, attention, on monte en gamme

Des rochers + Arnaud. Le must.

Après cette journée très culturelle, nous nous sommes finalement dirigés vers notre camping du soir. Nous voulions, le lendemain, aller voir des chutes d'eau très connues en Australie. Seulement, là, nous n'avions aucun doute sur la capacité de notre Hyundai Getz jaune 5 portes à nous y mener. Nous n'avions pas le choix et il nous fallait réserver un tour organisé pour la journée afin de nous y rendre. La mauvaise surprise du soir fût que tous les tours étaient complets pour le lendemain. Tant pis, nous allions perdre notre avance et trouver une occupation pour la journée en attendant le tour du surlendemain. Malheureusement, parce que l'on n’est jamais assez bête dans une vie, nous avons attendu le lendemain pour réserver et bien sûr, entre temps, toutes les places avaient été prises. Nous n'avions plus d'alternatives, nous allions donc faire une croix sur les Jim Jim et les Twin Falls.

Nourlangie Rock un endroit reputé pour ses peintures aborigènes. Nous apprécierons notamment ce petit billabong très sympathique.

Bon alors au début c'est mignon. Ca découvre la peinture et ça fait des traces de mains.

Et puis après, comme d'habitude, ça verse dans l'obscenité

Nous sommes néanmoins allés voir le “Highlight” de Kakadu : sa mine d’uranium à ciel ouvert ! Pour cela, il nous a fallu remonter jusqu'à Jabiru. Nous en avons d’ailleurs profité pour y faire quelques courses.

La mine d’uranium de Kakadu est très controversée, et ce pour 3 raisons principales. Premièrement, Kakadu est un parc naturel considéré comme un des « joyaux » de l’Australie, autant vous dire que ce gros truc moche et radioactif fait un peu tâche. Deuxièmement, les australiens ne sont généralement pas super fans du nucléaire, mais bon, disons quand même qu’ils tolèrent les mines, toute la production étant destinée a l’exportation (l’Australie ne possède qu’une seule centrale nucléaire) et le prix de l’uranium ne cessant de grimper (le gars expliquait d’ailleurs qu’ils faisaient un peu exprès de creuser lentement car plus ils attendaient, plus ils pouvaient revendre leur truc cher) ça fait quand même de l’argent facile pour le pays. La troisième et dernière raison vient encore une fois de ces trouble-fêtes d’aborigènes (qui pourtant picolent). Alors visiblement, ces chieurs n’aiment pas trop l’idée qu’une multinationale fasse des grands trous dans la terre de leurs ancêtres à coups de dynamite et ils pensent qu’un terrible malheur va s’abattre sur la région parce que les esprits ne seront pas contents, du coup ils vivent un peu dans une peur constante. Heureusement, notre guide nous a dit que la mine respectait parfaitement les croyances aborigènes. Tu m’étonnes, un cratère radioactif de 3 km de diamètre en plein milieu d’une région où les aborigènes chassent le kangourou et titillent le crocodile depuis 40 000 ans, si ça ce n’est pas du respect…

Parfait exemple de respect des croyances aborigènes.

Mais bon c’était rigolo. Sauf quand on est rentré dans le site. Là s’était à base de "à votre droite, la centrale électrique, à votre gauche, les bâtiments administratifs, re à votre droite, là ou on stock le manganèse, etc..". Quentin s’est d’ailleurs endormi pendant 30 minutes. Moi je suis resté éveillé au cas ou un truc intéressant se passait, mais non, pas de chance.

La mine fut donc notre vraie seule activité de la journée. Nous sommes quand même allés faire la photo clichée avec le panneau "traversée de kangourous" (et c'est vrai que des kangourous éclatés, on en voit partout au bord des routes, on a d'ailleurs failli s'en faire un) et nous étions partis pour un long trajet. Nous allions rejoindre Katherine et son parc naturel, le Nitimiluk National Park et ses Gorges.

Bon, on a fait plus de la moitié là. Donc l'objectif des 2 parties devrait logiquement être atteint.